Mémoire réalisé dans le cadre de la dernière année de l'Ecole Française de Yoga.

Vivre l’instant présent

 

SOMMAIRE

 

INTRODUCTION

I. CONTEXTE

I.1 Genèse du sujet

I.2 Les bienfaits de l’attention au moment présent

II. LE YOGA ET L’INSTANT PRESENT

II.1 Le lâcher-prise

II.2 Les autres concepts du Yoga en lien avec l’instant présent

III. LA PLACE DE L’INSTANT PRESENT AUJOURD’HUI

III.1 Le moment présent dans la société moderne

III.2 Les tendances qui se dessinent

CONCLUSION

BIBLIOGRAPHIE

 

 

INTRODUCTION

 

Dès le troisième siècle avant Jésus Christ, les philosophes ont établi le bonheur comme la quête de tous les êtres humains. Platon affirmait : « N’est-il vrai que, nous autres hommes, désirons tous être heureux » et Aristote nommait le bonheur comme le bien suprême. Ces dernières décennies, dans les pays occidentaux, la quête du bonheur est passée par les biens de consommation pour une grande majorité d’entre nous. Pourtant, de nombreuses études remettent en cause la corrélation entre les possessions matérielles et le bonheur. Selon l’économiste Daniel Cohen, la France d’aujourd’hui n’est pas plus heureuse que celle de 1960 alors qu’elle est trois fois plus riche. Le paradoxe du bonheur est que, même si les conditions objectives de vie se sont beaucoup améliorées, nous ne sommes en fait pas plus heureux.

Les recherches sur le bonheur et ses causes sont aujourd’hui de plus en plus nombreuses. Selon les études de Matt Killingsworth, chercheur à Harvard, aux Etats-Unis, il y aurait un lien entre le bonheur et les expériences du moment présent. Les religions et les philosophies insistent déjà, depuis des milliers d’années sur l’importance de vivre pleinement le moment présent. Cela peut se résumer par cette idée : le passé est mort et le futur n’existe pas, seul le présent est réel. De nombreux dysfonctionnements du corps ou du mental proviennent de la difficulté de porter sa conscience sur l’instant présent.

Dans ce mémoire, nous traiterons de l’attitude de l’instant présent sous différents angles. Dans un premier temps, nous allons exposer les éléments ayant amenés ce sujet. Nous développerons ensuite les liens entre le Yoga et le moment présent. Nous terminerons par la place de l’instant présent dans la société actuelle.

 

I. CONTEXTE

 

I.1 Genèse du sujet    

 

Le thème de l’instant présent est venu lors de ma troisième année d’étude à l’EFY de Lille. C’est durant cette période que j’ai commencé à réfléchir sérieusement à un sujet en lien avec le Yoga qui me tient particulièrement à cœur. Après réflexion, je me suis rapidement rendue compte que la plus grande modification en moi depuis mes premiers pas en Yoga était en lien avec une attitude de plus en plus tournée vers le moment présent. De nature, je suis une personne plutôt tournée vers l’avenir, qui aime anticiper et planifier. Etant impatiente et plutôt à l’aise dans l’action que dans les moments d’immobilité, j’avais tendance à toujours fixer mes pensées sur le moment d’après. Malheureusement, cette disposition pousse à se désintéresser du moment présent et à manquer de nombreuses choses qui se déroulent sous nos yeux et dont nous aurions pu nous réjouir.

 

La concentration un peu plus aisée sur le moment présent constitue pour moi une grande avancée. Dans la vie quotidienne, cela permet de reprendre le contrôle de son mental et de ne pas se laisser submergé par ses pensées. Cela permet aussi d’être totalement présent pour l’écoute des autres. Lorsque l’on est préoccupé par l’avenir, il est en effet difficile d’accorder une attention entière à ceux qui nous entourent. Nous pouvons écouter quelqu’un d’une oreille en étant en réalité plus concentrés sur nos propres flots de pensées qui peuvent facilement nous envahir.

 

Cette faculté de concentration sur l’ici et maintenant permet aussi de découvrir des choses qui seraient passées totalement inaperçues si les pensées étaient dirigées vers les actions à venir. Cela permet donc de profiter pleinement de ce qui se présente à soi. Je prends plus conscience de ce qui m’entoure et j’ai donc une capacité d’émerveillement accrue.

 

Il m’a d’abord fallu un temps pour prendre du recul et m’apercevoir à quel point mon attention était souvent portée vers le futur et fuyait le moment présent. Ayant réalisé cela, différentes lectures et plus particulièrement la pratique du Yoga m’ont guidé et permis de me fixer un peu plus sur l’instant pour petit à petit le vivre plus pleinement. Cette attitude s’installant, j’ai pu constater les nombreux bienfaits de ce centrage. Petit à petit, je me sens plus sereine, plus apaisée, plus posée, moins encline à la colère et donc plus équilibrée.

 

Il me semble plus facile de focaliser mon attention sur l’instant présent lorsque mon corps est en mouvement et que l’esprit est apaisé de par la concentration sur le souffle. La pratique du Yoga est bien entendu l’activité où cela est le moins difficile pour moi. L’attitude dirigée vers le moment présent est également facilitée lorsque je nage. Je fais très régulièrement de la natation et mon ressenti pendant et après cette activité est parfois similaire à la pratique du Yoga. Je me déplace uniquement en vélo et ces temps de déplacement me recadrent aussi pour tourner à nouveau mon mental vers le présent. Même si ce loisir demande moins de mouvements du corps, tricoter m’aide à retrouver la concentration sur l’ici et maintenant. La répétition du mouvement, la minutie et la patience demandée permettent de se recentrer.

Lorsque je mène des activités que j’apprécie moins et qui pourraient être stressantes, l’attitude dirigée vers le moment présent est plus difficile à atteindre. Mon esprit a tendance à s’évader à nouveau même si parfois, je tente de le ramener sur l’action en cours.

Bien que l’attitude vers l’instant présent n’est pas encore un réflexe pour moi et qu’il me reste un grand travail à fournir, j’ai pu constater qu’avec de l’entraînement, le mental avait de plus en plus de facilités à porter son attention sur l’ici et maintenant. Cela est donc encourageant et pousse à persévérer.

 

La deuxième raison qui m’a poussé à traiter ce thème vient de la découverte d’une thérapie basée sur le moment présent, dénommée “Horathérapie”. Cette thérapie a été développée par le Père Henri Jomin (1893-1982), jésuite enseignant de psychologie, qui est l’oncle de mon grand-père. Il est décédé l’année de ma naissance et je n’ai donc aucun souvenir de lui. Je connais uniquement ce qui m’a été raconté par mon grand-père et ma mère qui l’a cotoyé lorsqu’elle était enfant. Elle m’a toujours décrit quelqu’un d’impressionnant et froid. Cela ne m’a pas poussé à m’intéresser, dans un premier temps, à son travail. J’ai également pu voir une photo très ancienne, prise en Chine au début de sa carrière de jésuite. Il a en effet voyagé en Asie pendant plus de 25 ans. Cette culture l’a influencé dans ses réflexions autour de l’instant présent tout comme les techniques de rééducation du contrôle cérébral du Docteur Vittoz. J’ai découvert ses recherches à peu près en même temps que la pratique du Yoga lorsque mon grand-père a retrouvé des traces de la thérapie que son oncle avait développé sur Internet. En effet, le Père Henri Jomin avait assez peu de liens avec sa famille et parlait rarement de ses activités. Il a pourtant soigné près de 3 000 personnes souffrant d’angoisses, de peurs ou d’obsessions grâce à l’Horathérapie.

 

L’Horathérapie, ou thérapie par le présent, part du principe que « l’instant d’avant, nous n’y pouvons plus rien; l’instant d’après, nous n’en savons rien ». Il faut donc porter son attention sur le moment présent qui nous permet de réparer le passé et de préparer l’avenir. « L’esprit est sans cesse encombré d’idées, d’images, de souvenirs, de regrets, de désirs, de craintes, de doutes qui s’imposent à lui. C’est comme un film qui se déroule, film qu’il n’a pas choisi et dont il ne commande pas le déroulement. Ne dominant pas ses pensées, il n’est pas maître de lui-même, il n’est pas libre ».

 

Cette thérapie propose deux phrases clés qui permettent de se concentrer sur le moment présent :

- Je veux ce qui est.

- Je veux ce que je fais.

Selon le Père Jomin, « Vivre par la pensée dans le passé ou l’avenir, c’est vivre mal, de façon éparpillée, déchirée. Bien vivre, c’est vivre dans le présent, le présent psychologique qui s’étend sur toute la durée de l’action que l’on accompli. Il faut accomplir l’action en voulant ce que l’on fait ». En plus de ces phrases, pour arriver à retrouver le contact avec l’instant présent, l’Horathérapie met en avant la conscience de la respiration qui permet de s’ancrer dans le moment que nous vivons.

Les liens avec le Yoga (développés en deuxième partie) sont donc forts et je me suis rapidement intéressée aux ouvrages décrivant cette thérapie.

 

I.2 Les bienfaits de l’attention au moment présent

 

La littérature portant sur l’instant présent étant très abondante, j’ai choisi de retenir ici les éléments qui font le plus écho à mon regard et à mon ressenti sur le sujet traité. Même si ces références dépassent parfois mon expérience, les lectures citées ci-dessous me parlent et me touchent.

 

Lorsque nous prenons du recul, nous pouvons facilement remarquer que, la plupart du temps, nous ne sommes pas vraiment présents à ce que nous faisons ni à nos ressentis alors que cela pourrait nous rendre plus heureux. Ceci est clairement expliqué par Blaise Pascal dans la citation ci-dessous : « que chacun examine ses pensées, il les trouvera toutes occupées au passé et à l’avenir. Nous ne pensons presque point au présent; et, si nous y pensons, ce n’est que pour en prendre la lumière pour disposer de l’avenir. Le présent n’est jamais notre fin : le passé et le présent sont nos moyens; le seul avenir est notre fin. Ainsi nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre; et, nous disposant toujours à être heureux, il est inévitable que nous ne le soyons jamais.». Dans la même optique, Thich Nhat Hanh déclare : « si l’on nous demandait : avez-vous déjà vécu le plus beau moment de notre vie ?, nous répondrions sans doute : pas encore mais cela ne saurait tarder. Mais si nous continuons à penser ainsi, il se pourrait que ce moment n’arrive jamais ».

 

Notre mental se met souvent en mode pilote automatique selon l’expression de Jon Kabat-Zinn. L’esprit est ailleurs. Sans effort de notre part, nous ne nous rendons pas compte que nous ne sommes plus présent. Le pilote automatique s’enclenche de lui-même, à notre insu, sans que nous en ayons vraiment conscience. Dans ces moments, le mental n’étant pas fixé sur le présent, des pensées négatives ou des ruminations se référant au passé ou à l’avenir peuvent s’imposer à nous. Une des citations attribuée à Bouddha est « si le problème a une solution il ne sert à rien de s’inquiéter, mais s’il n’y a pas de solution, s’inquiéter ne changera rien ». Il est parfois compliqué de reprendre le contrôle du flot des pensées. Ces pensées parasites peuvent influer sur notre qualité de vie en entravant nos actions. Il est donc important de prendre conscience de ces moments pour progressivement s’en éloigner et revenir à une présence d’esprit.

 

Pour Eckhart Tolle, le mental est un magnifique outil uniquement si l’on s’en sert à bon escient. Sinon, il peut être destructeur. Cependant, peu de personnes prennent conscience que c’est le mental qui se sert d’eux. Lorsque l’esprit est redirigé vers le moment présent, il est alors possible de reprendre possession de cet outil.

 

Cette attitude vers le moment présent n’est donc pas naturelle pour les êtres humains. Matt Killingsworth a expliqué que nous sommes les seuls animaux à avoir un cerveau capable de faire abstraction du présent. Selon lui, nous sommes programmés pour l’anticipation et l’évasion mentale. Il a mesuré que 47% du temps, les gens pensent à quelque chose d’autre que ce qu’ils sont en train de faire. L’évasion mentale est donc omniprésente, elle s’insinue dans tout ce que l’on fait.

 

Roland Jouvent, professeur des universités et praticien hospitalier au service psychiatrie à la Pitié-Salpêtrière, fait le même constat : le fonctionnement même de notre cerveau nous voue à nous projeter dans l’avenir. En effet, tout comme les primates, nous sommes programmés pour anticiper les dangers. Cela expliquerait notre difficulté à rester ancrer dans le présent. Selon ce chercheur, « plus l’esprit accélère le temps, plus il se dissocie du temps du corps, et plus il s’épuise et s’égare ».

 

Pourtant, le centrage dans l’instant présent a toujours été cité comme une clé vers le bien-être. Dans le bouddhisme, il est dit : « ne demeure pas dans le passé, ne rêve pas du futur, concentre ton esprit sur le moment présent. »

 

Pour Roland Jouvent, l’attention à l’instant présent apaise les émotions et clarifie le mental. Ses recherches ont montré que l’ancrage sur le présent permettait la resynchronisation du corps et de l’esprit mais aussi celle des deux hémisphères de notre cerveau. « Être présent à soi rend capable d’identifier puis de nommer les émotions, ce qui lève la tension intérieure. Sans ancrage dans le moment présent, dans la réalité, il est impossible d’activer ce processus ». Pour activer cette resynchronisation, le médecin pense qu’il faut remettre au même rythme le corps et l’esprit. Lorsque cela est obtenu, le néocortex ralentit et le cerveau est au repos. Il est plus détendu et nous permet d’être plus attentifs. Cette clarté du mental est nommée satori par les maîtres zen. Ils utilisent ce terme pour qualifier une soudaine lucidité, un moment de vide mental et de présence totale.

 

La méthode proposée par Vittoz au début des années 1900 dans le cadre du contrôle cérébral était également destinée à équilibrer. Cette technique était centrée sur l’écoute des sensations permettant de reprendre le contact avec l’ici et maintenant. Il faut en effet limiter les ruminations mentales et les dispersions d’idées pour trouver l’équilibre. La mise à distance des émotions permet de mieux comprendre son propre fonctionnement et de mieux accepter ce qui survient. Selon lui, le sentiment d’unité obtenu donne du sens à la vie et procure la joie de vivre.

 

Jean-Claude Vouakouanitou, auteur d’un ouvrage se référant à l’horathérapie, traite aussi de la joie dans ses réflexions sur l’instant présent. Il pense que le temps présent ne doit pas être l’occasion de tristesse ou de mélancolie. Il faut donc s’efforcer d’avoir le meilleur usage du temps qui nous est offert et ne pas accepter de le laisser parasiter par autre chose afin que chaque instant soit source de joie. Les propos d’Eckhart Tolle vont également dans ce sens. D’après l’auteur, « plus on est à même de respecter et d’accepter le moment présent, plus on est libéré de la douleur et de la souffrance. »

 

Thich Nhat Hanh pense que ramener le corps et l’esprit dans l’instant présent apporte la paix, la guérison et la transformation. Il va donc plus loin que les autres auteurs abordés en ce qui concerne l’aspect de guérison et de transformation possible. Il les rejoint cependant sur le concept de joie. D’après ce moine bouddhiste, les individus ont tendance à détruire leur corps et leur âme au nom d’un bonheur futur. La joie et le bonheur sont accessibles en se tournant vers le moment présent. Chacun peut faire de l’instant présent le plus merveilleux instant qui soit. Le seul moyen d’y parvenir et d’arrêter de nous préoccuper du passé et de courir après l’avenir. Pour Thich Nhat Hanh, « toutes les conditions nécessaires à notre bonheur sont déjà réunies. Il nous suffit de nous autoriser à être dans l’instant présent pour pouvoir les toucher ».

 

Pour parvenir à un rythme cohérent entre le corps et l’esprit, à l’équilibre, le rôle de la concentration sur le souffle me semble essentiel. La concentration sur la respiration est d’ailleurs très souvent citée. Comme indiqué ci-dessus, cette idée est reprise dans l’Horathérapie. Pour Eckhart Tolle, la respiration consciente remet graduellement en contact avec le corps. Durckheim va également dans ce sens puisqu’il pense que « c’est par la respiration que nous pouvons prendre conscience ».  L’ancrage sur la respiration est aussi mis en avant par Thich Nhat Hanh qui propose de prononcer régulièrement la phrase suivante : « J’inspire, je sais que j’inspire. J’expire, je sais que j’expire ». Pour lui, la respiration consciente nous aide à devenir ce qu’il y a de meilleur en nous. Nous évoluons ainsi vers un être plus calme, vivifié, solide, libre et clair, capable d’apprécier l’instant présent et d’y voir le plus beau de sa vie.

 

L’un des aspects relativement peu traité dans la littérature est le fait d’avoir un meilleur lien avec les autres lorsque le mental est tourné vers le moment présent. Je pense pourtant que cette faculté est l’un des bienfaits essentiels de cette attitude. Si l’esprit est fixé sur le présent, l’attention à l’autre est bien meilleure. Eckhart Tolle aborde le sujet en disant que la plupart des gens ne savent pas écouter parce que la plus grande partie de leur attention est monopolisée par la pensée et non sur ce que l’autre personne est en train d’énoncer.

 

Venant corroborer les enseignements de nombreuses philosophies et religions, des données scientifiques prouvent que focaliser son attention sur l’instant présent contribue au bonheur. Grâce à son protocole reconnu de méditation de pleine conscience, Jon Kabat-Zinn a démontré que la pratique de la conscience de l’instant présent, instant après instant, aide les individus à utiliser leurs ressources intérieures pour obtenir bonne santé et bien-être. Ce type de méditation, nommée mindfulness, est un entrainement de l’esprit par l’attention et la présence. Selon l’auteur, la pleine conscience signifie « porter son attention d’une manière particulière, c’est-à-dire délibérément, dans le moment présent et sans jugement de valeur ». C’est une qualité fondamentale de l’être humain, qui consiste à développer une présence attentive et sage que ce soit pendant les expériences agréables ou désagréables. Cela nécessite un entraînement constant.

De nombreuses études portent sur cette technique qui est également très médiatisée. Les bienfaits de cet apprentissage touchent de nombreux domaines : la prévention de la rechute dépressive, la gestion du stress, des émotions, de l’anxiété, la gestion des douleurs chroniques, la gestion des pulsions comportementales (colère, boulimie, TOC…) et l’amélioration de troubles psychosomatiques (fibromyalgie, acouphènes, psoriasis…). Un renforcement de l’immunité, une amélioration de la concentration et de la mémoire ont également pu être mesurés.

Dans le cadre de ses études sur les évasions du mental, Matt Killingsworth a créé une application mobile nommée Track Your Happiness. Cela lui a permis d’obtenir de très nombreuses informations sur les activités des personnes participant à l’étude et sur ce à quoi ils pensaient à ce moment-là. Des questions portaient ensuite sur le ressenti des personnes à chacun de ces moments. Les résultats ont révélé qu’elles se sentaient plus heureuses lorsqu’elles étaient concentrées sur leur tâche et que leur mental ne s’évadait pas. La deuxième conclusion de l’étude pourrait sembler plus surprenante. Les données recueillies ont également prouvé que cela reste vrai peu importe la tâche que l’individu est en train d’accomplir. Même si cette tâche est peu plaisante, l’échantillon étudié se sentait moins heureux lorsque l’esprit n’était pas présent. Ce chercheur en est arrivé à une conclusion équivalente : lorsque le mental n’est pas tourné vers l’instant présent, il se tourne généralement vers des pensées déplaisantes (inquiétudes, regrets…).

 

Nous pourrions croire qu’une telle attention portée au moment présent pousse à se désintéresser du passé et de l’avenir. Thich Nhat Hanh se réfère à l’Avatamsaka Sutra pour nous montrer que cette attitude ne signifie pas cela. En effet, lorsque l’instant est vécu pleinement, ce moment contient en lui tout le passé et tout l’avenir. Dans ces circonstances, nous voyons clairement que le présent est fait du passé et qu’il créé l’avenir.

 

II. LE YOGA ET L’INSTANT PRESENT

 

II.1 Le lâcher-prise 

 

Dès son introduction des Yoga Sutras, Françoise Mazet nous dit que « Patanjali donne un moyen de devenir plus conscients, plus vigilants, plus aptes à vivre chaque instant dans sa plénitude ». Les liens sont donc forts entre le Yoga et la capacité de vivre pleinement l’instant présent. Par conséquent, de nombreuses notions présentées dans les Yoga Sutras sont liées à cette attitude.

 

Dans le cadre du sujet de ce mémoire, je tenais à développer plus particulièrement le concept de lâcher-prise, vairagya et ishvarapranidhana, avant d’aborder les autres principes yogiques en lien avec la conscience de l’instant présent. Pour moi, le lâcher-prise, terme très présent dans les cours de Yoga, prend du sens lorsque le parallèle est fait avec la concentration sur le moment présent. Eckhart Tolle définit d’ailleurs le lâcher prise comme « accepter le moment présent inconditionnellement et sans réserve ». Ce terme complexe peut avoir une signification différente pour chacun. Ici, je vais m’attacher à définir les liens avec l’instant présent selon mon regard sur ce thème.

 

Ishvarapranidhana est un concept très important dans les Yoga Sutras. Ce principe fait notamment partie des cinq niyamas, les règles de vie en lien avec soi-même. Il est définit par Françoise Mazet comme lâcher-prise ou abandon au divin. Ce terme est déjà abordé dans des sutras précédents. Dans le samadhi pada, le premier chapitre, abhyasa vairagya est cité dans le sutra 12. L’idée de ce sutra est développée dans les deux suivants. Ici, Patanjali nous dit que « L’arrêt des pensées automatiques – sa définition première du Yoga – s’obtient par une pratique intense dans un esprit de lâcher-prise ». Françoise Mazet commente ces sutras en établissant un lien direct avec l’attention à l’instant présent. L’effort dont parle Patanjali est une sorte de rééducation, d’entrainement du mental pour devenir plus présent et disponible. Cela montre bien que cette attention demande un travail sur soi, de l’ardeur. Sans cela, la dispersion et les perturbations du mental vont rapidement refaire leur apparition. Cette attitude peut être mise en pratique d’abord sur le tapis de Yoga mais il est important de l’appliquer ensuite dans la vie quotidienne.

 

Patanjali continue d’expliciter ce concept dans le sadhana pada, le deuxième chapitre. C’est ici que le terme d’ishvarapranidhana apparaît comme l’une des trois modalités définissant le Kriya-Yoga, le Yoga de l’action dans le sutra II.1. Cette expression signifie la faculté d’accepter ce qui est, le non attachement. Pour atténuer la souffrance, il faut adhérer sans retenue à l’instant présent. L’une des kleshas, causes de souffrance définies par l’auteur au sutra II.3, est dvesha. Nous pouvons lui donner le sens de refus, de non acceptation de ce qui est. Dans son commentaire du sutra II.16, Françoise Mazet explique que, si l’on souhaite respecter le principe de lâcher-prise, nous devons agir sans vouloir obtenir quoique ce soit. L’action se réalisant dans le moment présent, seul ce présent peut être le moment où l’on met en pratique vairagya.

 

Cette idée peut être rapprochée de celle développée dans la Bhagavad Gita. L’un des enseignements de cet œuvre est de ne pas rechercher les fruits de l’action. Selon la traduction d’Emile Senart du verset 47 de la deuxième lecture, « Ne te préoccupe que de l’acte, jamais de ses fruits. N’agis pas en vue du fruit de l’acte ». Si un résultat est attendu, si quelque chose est espéré, cela constitue une projection dans l’avenir. La Bhagavad Gita nous propose donc également de nous centrer sur l’action de l’instant présent en se détachant de ses conséquences.

 

Dans le tantrisme, le terme « d’action » est aussi traité. Une différence est faite entre l’activité et l’action. Selon cette philosophie, « l’activité provient d’un mental agité. Elle n’est pas pertinente. L’activité est chargée du passé. L’action jaillit d’un mental silencieux. Elle est pertinente. » La conscience profonde de l’instant présent permet donc de devenir moins activiste, submergé par des activités de toutes sortes pour se diriger vers l’action.

II.2 Les autres concepts du Yoga en lien avec l’instant présent  

 

De nombreux auteurs ayant traité de l’instant présent font référence à l’énergie avec laquelle nous pouvons entrer en contact lorsque nous vivons pleinement le moment présent. Eckhart Tolle propose de porter sa conscience sur la respiration pour ressentir notre champ énergétique. Cette perception nous permet de rester attentif à l’instant présent sans nous égarer dans le monde extérieur ou dans le mental. Nous expérimentons un état d’unité entre le corps et l’esprit. C’est ce que l’on recherche en Yoga. Selon lui, la pensée involontaire et compulsive occasionne une grande perte d’énergie vitale. Pour conserver une bonne circulation des énergies en nous, il est donc important de maintenir le plus possible la conscience sur le présent. Cela se rapproche du concept de pranamaya kosha, l’enveloppe d’énergie vitale qui se trouve juste après l’enveloppe du corps grossier, annamaya kosha. L’ancrage sur le moment présent permettrait donc d’accéder à un plan plus subtil de notre être.

L’une des définitions de la méditation de pleine conscience est l’observation sans jugement du flot continu des stimuli internes et externes tels qu’ils surgissent. Il s’agit de s’arrêter, de ressentir et d’observer. La pleine conscience est l’attention portée à l’expérience en accueillant ce qui vient sans jugement ou objectif. Eckhart Tolle pense aussi qu’il faut devenir celui qui observe le mental pour apprendre à être présent. Nous retrouvons cela en Yoga sous le terme de drashtar. Drashtar est le fait de pouvoir se positionner en tant que témoin, observateur et de prendre de la distance par rapport à notre esprit. Cette forme de conscience profonde est stable et n’est pas lié à notre état émotionnel ou notre passé. Cette prise de recul permet d’accéder à une meilleure connaissance de soi, svadhyaya. Patanjali dit qu’il y a connaissance du Soi lorsque le mental ne passe pas d’un lieu à un autre (sutra IV.22).

Satya, la vérité fait partie des yamas, les observances que nous devons respecter. Ce yama est développé par Patanjali dans le sutra II.36. Il explique qu’il faut être établi dans la vérité pour que l’action porte des fruits appropriés. Pour Thich Nhat Hanh, l’ultime dimension de la réalité réside dans le présent : « En touchant le présent, vous touchez à la fois le passé et l’avenir. Vous touchez globalement l’infinité du temps ». Eckhart Tolle explique que, si nous avons des pensées anticipatoires, que notre mental se projette dans une situation future imaginaire, nous ne pouvons y faire face car cette situation n’existe pas, c’est une illusion. Cette création de temps non réelle doit cesser en prenant conscience que la seule vérité est celle du moment présent. Cet aspect se rapproche des sutras I.6, I.7 et I.8 dans lesquels sont exposés les différentes modifications du mental. Nous devons apprendre à recourir aux raisonnements justes et ne pas se référer aux pensées erronées. Lorsque le mental se tourne vers le passé ou l’avenir, le raisonnement n’est pas correct. Le temps n’étant qu’une illusion, il est nécessaire de considérer l’instant présent comme précieux car c’est la seule chose qui existe en vérité. Dans son commentaire du sutra II.11, Françoise Mazet écrit que seul un mental apaisé nous permet d’entrer en relation avec la réalité objective.

Dharana, la concentration, est citée dans les Yoga Sutras comme une étape indispensable pour accéder à la méditation profonde, dhyana (sutra III.1). Cette qualité d’attention tournée vers l’instant présent est citée dans de nombreuses traditions comme étant la porte d’entrée vers la dimension spirituelle. La concentration dirigée vers le moment présent constitue pour moi une étape préalable à la méditation, définie par Françoise Mazet comme l’accès à la conscience profonde sans passer par le mental.

En ce qui concerne la pratique des postures, certaines me permettent d’obtenir une concentration plus aisée sur le présent. C’est le cas des postures très exigeantes qui demandent une mobilisation complète du corps et donc du mental. Je ressens également une meilleure attention à l’instant présent dans les postures d’équilibre nécessitant un ancrage sur le souffle pour se maintenir dans la posture ainsi qu’une grande concentration. Les postures inversées provoquent le même ressenti. La clarté du mental qu’offre ces postures permet de mobiliser son esprit pour le diriger sur l’instant présent. De par les bandhas et les visualisations sollicitées, viparita karani mudra est pour moi le geste qui me permet le meilleur contrôle du mental.

 

 

III. LA PLACE DE L’INSTANT PRESENT AUJOURD’HUI

III.1 Le moment présent dans la société moderne

 

Dans notre société actuelle, il devient de plus en plus difficile de vivre pleinement le moment présent. Tout se précipite, nous sommes sans arrêt dans l’urgence et sous la pression d’une demande d’efficacité constante. Nous ressentons constamment un manque de temps et essayons de faire toujours plus dans un temps donné. Ce changement s’est d’abord opéré dans la sphère professionnelle pour ensuite s’étendre à la vie personnelle. Selon le chercheur Francis Jauréguiberry, de façon diffuse, les modes d’action du domaine économique (pragmatisme, utilitarisme, compétition, rentabilité, efficacité, désir de gains et de puissance) se sont appliqués à la gestion de la vie privée. Celle-ci est devenue un capital qu’il s’agit de faire fructifier au plus vite avec des profits attendus à court terme. Cela mène certaines personnes à entrer en état de surchauffe mentale, le burn out. Cette situation s’est encore aggravée ces dernières années avec la généralisation des nouvelles technologies censées nous faire gagner du temps en nous permettant de nous connecter et d’être joints partout à n’importe quel moment. D’après le philosophe Joan Domènech Francesch, le paradoxe est que l’augmentation de la rapidité n’engendre pas de gain de temps, mais accroît la sensation de manque. L’importance des réseaux sociaux dans la vie quotidienne pousse aussi les individus à mettre leur vie en scène sans réellement vivre le moment. En plus du stress ressenti de par cette perception de vitesse et de manque de temps, la qualité de la présence à l’autre est grandement amoindrie. En effet, certaines personnes restent captivées par leur écran sans prêter attention à ce qu’il se passe autour d’eux.

 

Roland Jouvent pense que ces facteurs nous ont fait prendre goût au pouvoir de comprimer le temps et nous avons perdu l’intérêt pour l’instant présent. Le développement des nouvelles technologies de communication ont entrainé un éloignement avec le moment présent, le réel au profit du virtuel. Dans le cadre de ses recherches sur les nouveaux rapports au temps et à l’espace, le professeur Francis Jauréguiberry émet aussi l’idée que l’immédiateté télécommunicationnelle a créé un espace sans distance et un temps sans délai qui se superposent peu à peu au véritable espace-temps. Selon Nicole Aubert, sociologue et psychologue, nous souhaitons aujourd’hui combler, optimiser notre temps au maximum pour « vivre de pleins et non de vides ». Les moments de pause sont associés à une perte de temps.
Des philosophes ont étudié ce phénomène et trois explications se dessinent. Bernard Stiegler pense que cette accélération est le produit de la nouvelle révolution industrielle et de la surconsommation. Edgar Morin développe cette même idée. La vitesse fait partie du grand mythe du progrès, qui anime la civilisation occidentale depuis le XVIIIème et le XIXème siècle. La société de consommation a créé le culte du nouveau qui incite à l’accélération permanente. D’après Etienne Klein et Françoise Dastur, nous aurions pris l’habitude de quantifier et de fractionner toujours plus notre temps. Une explication donnée par Hartmut Rosa repose sur le facteur existentiel. Selon ce sociologue, le désintérêt général pour les religions a remis en question les croyances sur la vie éternelle. Cela nous pousse à être individualiste et à nous concentrer sur notre vie. Nous avons déplacé notre désir d’éternité sur la multiplicité de nos expériences. Francis Jauréguiberry abonde dans ce sens en disant que l’individu n’a plus d’autre horizon que sa propre vie qu’il lui faut donc réussir à tout prix. Ce succès se mesure à l’intensité que cette existence va lui procurer. Il va donc toujours chercher à aller vers un dépassement de soi.

 

Ces constats nous montrent que l’attitude de la majorité d’entre nous est de moins en moins tournée vers l’instant présent. Il est d’autant plus difficile aujourd’hui de vivre pleinement le moment présent alors que c’est cette faculté qui pourrait nous permettre de prendre de la distance par rapport aux aspects perturbateurs de notre société. Pour ma part, je pense que les trois facteurs exposés ci-dessus ont participé à cette sensation d’accélération du temps et à la perte de conscience de l’instant présent. La dernière explication est très intéressante dans le cadre d’une réflexion autour du Yoga. En effet, la pratique et l’étude des textes nous permettent de retrouver un lien avec une dimension spirituelle qui change notre regard par rapport à l’importance de notre propre vie et relativise notre côté individualiste.

 

III.2 Les tendances qui se dessinent

 

Cette nouvelle attitude face au temps est néfaste sur de nombreux plans. Certaines personnes réagissent en essayant de reprendre le contrôle et de retrouver un lien avec l’instant présent. Elles adoptent différentes stratégies.

 

Un mouvement cherche à reprendre le temps, c’est le concept du slow. Le slow food a été fondé en Italie en 1986 par Carlo Petrini en réaction à l’émergence de la restauration rapide. L’objectif est de goûter plus pleinement « la saveur des jours » pour « vivre en conscience ». Les idées principales sont de prendre le temps de goûter, de faire découvrir la gastronomie, de promouvoir la biodiversité et de se détourner de la standardisation mondiale du goût. Le label slow s’étend peu à peu à d’autres domaines tout en conservant les principes fondateurs du mouvement. Des villes s’intitulent notamment « Cittaslow » pour revendiquer une nouvelle approche de l’urbanisme s’engageant à ralentir le rythme de vie de leurs citoyens. Le slow me parle particulièrement car je me suis vite rendu compte qu’en jardinant et en s’occupant d’un potager, nous reprenons facilement un ancrage sur le présent en prenant conscience de la dimension réelle du temps. Nous retrouvons le rythme des saisons et le sens du temps qui s’écoule. De plus, je pense que la qualité de ce que l’on mange a un impact fort sur notre mental et donc sur notre capacité de fixer notre attention sur l’instant présent. Lorsque j’ai la possibilité de manger les légumes qui proviennent de mon potager ou que je peux manger les œufs des poules que j’ai adoptées, il me semble plus aisé de ne pas laisser le mental se disperser.

 

D’après l’écrivain Sylvain Tesson, « le froid, le silence et la solitude sont des états qui se négocieront demain plus chers que l’or. Sur une Terre surpeuplée, surchauffée, bruyante, une cabane forestière est l’eldorado. » Une deuxième tendance qui se dessine pour renouer le contact avec le moment présent est en effet la déconnexion volontaire. Les usagers des nouvelles technologies ressentent de plus en plus une perte de contrôle de la gestion de leur temps liée à un trop plein informationnel et communicationnel. Cette tendance vise donc à se débrancher de manière ponctuelle ou partielle pour reprendre une certaine distance par rapport à la course au temps. L’objectif est de réintroduire l’épaisseur du temps, de l’introspection, de la réflexion là où l’urgence oblige à réagir trop souvent sous le mode de l’impulsion. Les journées sans écran, sans internet ou sans téléphone font annuellement évènement dans plusieurs pays occidentaux. Des séjours de sevrages aux nouvelles technologies de l’information et de la communication sont créés. De nombreux hébergements de vacances mettent maintenant en avant l’impossibilité de connexion. Aujourd’hui, la déconnexion est donc perçue comme un luxe. Ce phénomène est de plus en plus étudié par les sociologues. Francis Jauréguiberry explique que les personnes se déconnectant souhaitent prendre du recul par rapport à des outils jugés invasifs, retrouver les liens concrets – et non virtuels – avec les autres et aussi être plus attentifs à tout ce qui les entoure. La connexion permanente pousse au zapping et à la dispersion alors que certaines personnes veulent avoir la possibilité de s’atteler à une seule tâche en étant concentré sur le présent.

 

CONCLUSION

Avec nos modes de vie actuels, il est facile de se rendre compte de l’importance d’apprendre à vivre pleinement l’instant présent. Les troubles liés au stress et à l’anxiété ainsi que le burn out touchent de plus en plus de personnes. Leur qualité de vie en est grandement amoindrie et le coût pour la société est également important. Le stress serait à l’origine de 50 à 60% de l’ensemble des journées de travail perdues selon la European Agency for Safety and Health at Work.

Les traitements alternatifs commencent à être de plus en plus souvent proposés pour soigner ces troubles. Grâce au protocole validé scientifiquement de Jon Kabat-Zinn sur la méditation de pleine conscience, ces techniques arrivent dans les hôpitaux pour apprendre aux patients à renouer le contact avec l’instant présent.

De plus en plus de personnes essayent par elles-mêmes ces techniques de relaxation et de méditation. Ces pratiques permettent en effet de retrouver un ancrage sur le moment présent en travaillant notamment sur la respiration ainsi que la conscience du corps et des sensations fines qui l’habitent. La tendance qui nous concerne de plus près est l’intérêt grandissant pour le Yoga. Il y a de plus en plus de pratiquants en France (un peu plus d’un million). Malheureusement, le côté mode de ce nouvel essor engendre des dérives avec un aspect marketing qui s’amplifie. Le « marché du Yoga » tend à suivre en France les mêmes tendances qu’aux Etats-Unis et au Canada. De nouveaux types de Yoga sont inventés s’éloignant de la pratique traditionnelle avec parfois un aspect compétitif. De plus en plus de marques s’intéressent également à ce nouveau marché en pleine croissance. Elles créent de nouveaux produits et accessoires qui engendrent de nouveaux besoins alors que la pratique du Yoga ne nécessite que très peu de chose. Nous pouvons donc nous demander si ces facteurs ne vont pas pousser les pratiquants à ne percevoir le Yoga que sous l’angle de la consommation ce qui détournerait le Yoga de ses objectifs premiers.

 

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